CONSORTIUM SANTE DU SOL AFRIQUE DE L’OUEST (WASHC) ATELIER REGIONAL DE CLOTURE DU 22 AU 23 Mars 2017 A IBADAN, NIGERIA

INTRODUCTION

Les sols ferrugineux tropicaux qui représentent environ 80 % des sols au Niger sont généralement de texture sableuse et caractérisés par une faible fertilité naturelle (faibles teneur en matière organique et capacité de rétention en eau). Cependant, les sols des vallées (dallols, goulbis, fleuve Niger et lac Tchad) ont des propriétés physico-chimiques relativement bonnes grâce à leur texture dominée dans l’ensemble par des éléments fins. Mais il faut mentionner que ces sols ont tendance à se dégrader à cause de la forte exploitation et surtout de certaines mauvaises pratiques agricoles (monoculture, brûlis, exportation des résidus des cultures etc.).

Cette dégradation est à replacer dans le processus plus large de désertification qui affecte le pays depuis une trentaine d’années. Les raisons de cette évolution tiennent à deux facteurs convergents : i) la série des sécheresses qui se sont succédées au Sahel depuis 1970 et ii) la pression sur les ressources naturelles exercée par l’accroissement de la population. Les manifestations de cette évolution sont multiples : glissement vers le sud des isohyètes, réduction du couvert végétal, accroissement des ruissellements et rétrécissement des lits des mares. Les stratégies paysannes d’adaptation se sont parfois développées au détriment des ressources naturelles : remontée de la limite septentrionale des cultures, mise en culture de terres marginales, diminution des jachères et surexploitation des zones de pâturage.

Les érosions hydrique et éolienne, associées ou non aux aléas climatiques accentuent la limitation de la productivité de l’agriculture pluviale. Ainsi, les rendements moyens des principales cultures sont de l’ordre de 400 kg/ha pour le mil, 300 kg/ha pour le sorgho et 250 kg/ha pour le niébé. Dans ces conditions, le problème de la fertilité se pose sur toutes les terres.

Le Niger est importateur net des engrais minéraux, malgré la tentative de valorisation du phosphate naturel. Entre 1980 et 2013, le Niger a mis en œuvre 6 projets qui totalisent 33 ans d’activités sur les engrais. Or, l’utilisation des engrais reste encore modeste (en moyenne 4 kg par ha) ; mais sur la base des importations d’engrais enregistrées entre 2003 et 2012 et des superficies moyennes emblavées à cette même période, cette moyenne serait de 12 kg par ha essentiellement grâce aux efforts de l’Etat à travers la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA). Mais avec ce mécanisme, en cas de difficultés économiques, une situation de blocage pourrait subvenir vu que les fournisseurs privés d’engrais ont une faible capacité d’approvisionnement.

Cinq (5) centres semenciers et une ferme de production de semences de base ont été créés dans les années 70. C’est ainsi qu’est né le premier schéma de multiplication de semences du Niger. Mais force est de constater que ce schéma n’a pas été totalement opérationnel en raison des difficultés nées de la conjoncture économique des années 80. La production des semences des grandes cultures, toutes catégories confondues, est estimée en 2014 à 13 000 tonnes (cf. tableau 1). Ce qui est loin des besoins nationaux globaux. Concrètement, la production des semences est aujourd’hui assurée par le secteur privé, à l’exception de celles des cultures maraichères qui sont importées. Il existe une politique semencière adoptée par le gouvernement depuis le 13 décembre 2012 et qui donne les principales orientations. Son objectif est de créer une véritable industrie semencière nationale.

Les engrais et les semences des variétés améliorées ont été les pivots de la révolution verte en Asie, et joueront un rôle prépondérant au Niger pour remédier aux insuffisances intrinsèques des sols cultivés. Ceci est en parfaite adéquation avec la stratégie de l’Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens ».

PRESENTATION DES OPTIONS POLITIQUES RETENUES ET DISCUSSION DE LEUR IMPACT

Les bonnes pratiques : les producteurs nigériens connaissent la faible fertilité des sols. Ainsi, des longues jachères étaient auparavant utilisées pour sa restauration après une courte période de culture. Contrairement aux champs de case régulièrement fumés, d’autres pratiques endogènes sont concomitamment utilisées. Dans leur quasi-totalité, les pratiques endogènes sont incapables d’entretenir la fertilité des sols. L’utilisation d’engrais devrait les suppléer, mais il y a l’insuffisance de leur disponibilité.

Par ailleurs, depuis les sècheresses des années 70s, le Niger s’est beaucoup investi dans la récupération des terres dégradées. Les techniques de conservation des eaux et des sols mises en œuvre peuvent être regroupées en 2 catégories : celles qui sont à la portée des producteurs et les autres qui nécessitent des moyens techniques et financiers considérables. En considérant les premières, par exemple celles consacrées à la collecte des eaux de ruissellement à des fins agricoles, il est mis en évidence que seule la combinaison de la disponibilité en eau et des éléments nutritifs assure une amélioration de la productivité. Dans tous les cas, il reste encore à trouver des techniques peu coûteuses et à effets durables sur la production.

La production fourragère : le fumier est le substrat organique le plus utilisé dans l’amélioration des sols sableux notamment. L’accroissement de la production est lié à l’intensification de l’intégration agriculture-élevage. La production et la commercialisation du fourrage sont des indicateurs des systèmes d’élevage dans la zone sud du pays.

L’approvisionnement en intrants : l’Etat a laissé la production des semences aux privés, mais malgré cela le taux de pénétration des semences reste faible (12%). Pour remonter ce taux, il faut arriver à une véritable industrie semencière. Actuellement, il y a un engouement des producteurs qui, pour les engrais, s’approvisionnent auprès des boutiques d’intrants. Mais ces dernières sont confrontées à un problème d’approvisionnement régulier (en produits et qualité), malgré l’existence de quelques grossistes privés et de la CAIMA. Sur ces 2 filières, l’Etat doit poursuivre son accompagnement pour améliorer leurs capacités.

Tableau 1 : évolution des superficies et intrants agricoles au Niger (MDA/MAG/EL, 2011-2016)

Année Superficie totale cultivée (ha)* Engrais importés

Semences produites

(grandes cultures)

Quantité totale (kg) Quantité (kg/ha)

Quantité

totale (kg)

Taux couvertureβ
2011 15 279 096 34 219 314 2,2 5 046 742 1,65%
2012 15 657 483 34 459 217 2,2 10 381 356 3,32%
2013 16 481 833 22 388 000 1,4 11 953 741 3,61%
2014 17 041 304 40 000 000 2,3 12 812 699 3,76%
2015 15 478 592λ 47 294 000 3,1 8 176 069 2,64%

* pour les principales cultures (mil, sorgho, niébé, arachide, riz, oignon, poivron) ; β estimation sur la base d’une moyenne de 20 kg de semences par hectare ; λ Résultats provisoires campagne agricole 2015.

RECOMMANDATIONS

A l’Etat

  1. de créer les conditions de la mise en place des interprofessions agricoles.
  2. d’évaluer les performances des structures de production de semences et aider à leur meilleure organisation professionnelle à travers la Direction Générale de l’Agriculture (Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage).
  3. de soutenir toutes les initiatives favorables à la mise en place d’une plateforme multi-acteurs dans le cadre de la gestion intégrée de la fertilité du sol (GIFS). Ceci est important dans l’opérationnalisation de la maison du paysan qui est une plateforme de services (approvisionnement en intrants, appui-conseil, crédit, etc.).

Aux organisations des producteurs et entreprises privées de fournitures d’intrants (engrais, semences, pesticides)

  1. de développer une véritable culture du professionnalisme dans la production et la mise en place des intrants de qualité.

CONCLUSION

L’agriculture nigérienne est dans une phase de transition dans le sens qu’elle tendrait vers une intensification. Il est important de repérer les meilleures technologies et innovations et de les mettre en échelle. La présente note politique a relevé les différents défis pour rendre plus productive l’agriculture nigérienne. Aucun acteur isolé ne peut prétendre les résoudre. Les différents groupes d’acteurs devraient privilégier la recherche de synergie plutôt que de créer des conditions d’antagonisme.

Note d'orientation

Les sols ferrugineux tropicaux qui représentent environ 80 % des sols au Niger sont généralement de texture sableuse et caractérisés par une faible fertilité naturelle (faibles teneur en matière organique et capacité de rétention en eau). Cependant, les sols des vallées (dallols, goulbis, fleuve Niger et lac Tchad) ont des propriétés physico-chimiques relativement bonnes grâce à leur texture dominée dans l’ensemble par des éléments fins. Mais il faut mentionner que ces sols ont tendance à se dégrader à cause de la forte exploitation et surtout de certaines mauvaises pratiques agricoles (monoculture, brûlis, exportation des résidus des cultures etc.). En savoir plus...

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